Lee Valley & Veritas
Infolettre – Travail du bois
 
  Volume 2, numéro 3 – janvier 2017    
 
Qu'est-ce que c'est?
Qu'est-ce que c'est?
 

Au début des années 1960, l'intérêt pour les outils de collection a connu un essor qui, à mon avis, était surtout dû à la disparition de l'apprentissage des métiers traditionnels, dont les compétences étaient transmises d'une génération à l’autre. En raison de la croissance industrielle effrénée qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, nombreux étaient ceux qui apprenaient leur métier sur le tas. La longue période d’apprentissage indispensable pour maîtriser toutes les subtilités d'un métier donné n'était dorénavant plus requise. Ce changement a fait une différence dans la façon dont les gens de métier percevaient leurs outils. Dès lors, il n'était plus nécessaire de posséder un coffre d'outils contenant tout ce qu'il fallait pour accomplir un travail donné sous tous ses aspects. Certains coffres d'antan pouvaient contenir des outils fabriqués par un apprenti pendant sa formation, des versions artisanales d'outils plus coûteux ou encore un outil façonné par un maître et offert à un apprenti qui le méritait.

Le soin apporté à la fabrication de ces outils et à leurs ornements en faisait des pièces remarquables. En fait, ces pièces uniques ont fini par constituer une sous-catégorie dans les collections des passionnés d'outils. Un beau trusquin, un outil de coupe richement décoré ou un outil tout simple et sans âge qui attire le regard peuvent en faire partie. La nature de l'objet n'a pas d'importance. L'outil présenté ici a ceci d'unique qu'il se distingue par son apparence, par sa proportion et par la touche particulière que lui a apporté son créateur. Parfois, des fabricants créaient ce genre d'outils uniques pour des expositions. Ces outils d'exception finissent par être considérés comme des œuvres d'art.

 
Qu'est-ce que c'est?
 

Parfois appelée scie de parqueteur ou brisoir, la ragasse illustrée ici est essentiellement un outil servant à rainurer. On s'en servait pour creuser des rainures à la profondeur voulue dans un limon d'escalier, par exemple. Avec ses deux poignées, ce modèle n'est pas sans rappeler le bouvet à joindre. Ce genre de rabot en bois comportait parfois deux poignées et servait à couper la rainure d'un assemblage d'un côté, et la languette de l'autre. De fabrication commerciale, ces rabots étaient souvent reproduits par les artisans pour leurs propres besoins, comme c'est le cas de cette scie.

Avec ses 16 po de longueur, cet outil en noyer est assez gros. Une plaque de laiton recouvre la lame à dents isocèles, qui provient probablement d'une scie standard. La lame est également retenue par deux vis, ce qui facilite le réglage de la profondeur de coupe. Les premières ragasses européennes étaient souvent ornées d'une effigie d'animal, par exemple un oiseau, ou de la tête d'un animal, et de gravures incisées. La forme se prêtait bien aux ornements.

 
Qu'est-ce que c'est?
 

Malgré sa simplicité, cet outil démontre un savoir-faire exceptionnel. La symétrie de l'ensemble nous permet d'apprécier tout le temps consacré par l'artisan et sa fierté évidente envers son travail. Conformément aux principes de Lee Valley à l'égard de sa collection, cet outil n'a fait l'objet d'aucun nettoyage.

D.S. Orr

D. S. Orr collectionne, utilise et étudie les outils pour le travail du bois et des métaux, et il s'adonne à sa passion depuis plus de 40 ans. Maintenant à la retraite, il y consacre encore plus de temps.

 
 
 
 
     
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